... j’ai traversé l’Afrique du Sud assise sur un demi-siège de bus

Si vous avez déjà voyagé hors des sentiers battus, vous avez déjà forcément expérimentés ces longs trajets sans grand confort, entassés, entourés de gens nauséabonds, surchargés, assis sur un siège en bois voire debout, dans la chaleur ou gelés par une clim trop forte…Si un sourire se dessine sur vos lèvres et que vous vous rappelez un de vos pires trajets en lisant ces quelques mots, c’est que vous voyez ce dont je parle. Ces trajets sont pénibles mais font partie intégrante du voyage et avec le recul, on peut souvent en sourire…

Récit d’un de mes plus pénibles trajets :

J’étais partie faire du volontariat pendant un mois en Afrique du Sud. J’étais censé m’occuper de chevaux dans un centre équestre sur la côte sud près de Port Elizabeth. D’après les nombreux mails qu’on avait échangés avec les gérants, ils avaient VRAIMENT besoin d’aide…

Sauf que je n’ai compris que trop tard, c’est-à-dire une fois sur place, que c’était surtout d’une aide financière dont ils avaient besoin. Le centre équestre était fermé car le loyer de leur ancien terrain avait triplé et que la quasi-totalité de leurs chevaux étaient morts, touchés par une maladie foudroyante véhiculée par les tiques (Rassurez-vous, ça ne touche pas les hommes et ça n’existe que là-bas).

Bref, au moment où j’arrive dans leur vie, ils ont mis leurs quelques chevaux survivants dans une propriété qu’ils doivent acheter très bientôt, le temps que les actuels occupants déménagent. Sauf qu’ils n’ont pas d’argent. Ils espèrent un crédit bancaire qui n’arrive pas et un job pour lui pendant quelques mois à l’étranger qui doit payer gros mais dont le contrat tarde à être signé. En attendant, ils louent une petite maison en bord de mer avec leurs 7 chats et leurs 4 chiens. Ca non plus, ils ne me l’avaient pas dit, sinon j’aurai anticipé pour ne pas tousser autant à cause de mon allergie aux poils de chats !

A mon arrivée, je paie une petite contribution qui devait servir pour la nourriture pendant le mois. Au bout d’une semaine, le frigo est vide, je tourne en rond, ils n’ont pas d’argent pour payer tous les jours l’essence pour aller jusqu’à leur « future » propriété qui est à plus d’une heure de route (ce qui est près en Afrique du Sud). A part promener les chiens à la plage et regarder des séries, il n’y a rien à faire. Ils espèrent tellement que leur situation va s’améliorer, qu’ils vont pouvoir reconstruire un centre équestre avec des logements pour accueillir des jeunes et leur faire faire de l’équithérapie. Mais rien n’évolue. Je songe à partir quand ils me proposent de partir en randonnée à cheval pour une semaine, guidée par un ami à eux. J’accompagnerais 2 françaises et ma mission serait de prendre plein de photos.

Ok, c’est parti pour une semaine de folie en rando. Mais elle arrive quand l’histoire du bus ?!

Bon, je raconterai la rando dans un autre post.

A mon retour, pas de changement. Je décide de partir pour rejoindre un élevage de chevaux apaloosa (ceux qui ressemblent aux chevaux des indiens) près de Johannesburg. Sauf qu’il faut tout organiser :

– contacter l’élevage : yes, ils ont de la place pour moi,

– trouver un bus pour y aller : là, ça se complique car le site internet d’une compagnie bug, celui d’un autre me demande un code sécurité qu’il m’envoie par téléphone mais que je ne recevrais jamais. On finit par aller au supermarché pour payer le billet !

Le lendemain soir, ils dépensent leurs derniers litres d’essence pour m’emmener à la gare routière. Je patiente dans un hall d’hôtel dès que la nuit tombe pour attendre mon bus. Et là, surprise ! Je ne savais même pas que c’était possible. Le bus est déjà rempli de monde, que des locaux qui doivent se demander ce qu’une blanche vient faire dans ce bus alors que tout le monde lui a dit que c’était risqué. Mais ce n’est pas ça la surprise, non. Le truc incroyable, c’est qu’ils sont assis sur… des rangées à 5 sièges !!! J’ai donc fait 13h de bus de nuit assise sur une demi-fesse sur un mini-siège, un pied dans le vide, là où normalement il aurait dû y avoir l’allée de circulation. Autant dire que je n’ai pas beaucoup dormi entre les gens qui passaient dans la mini-allée et ma voisine qui s’endormait sur mon épaule…

Arrivée à Joburg le lendemain matin : on devait venir me chercher…sauf qu’il n’y a personne. Ça commence bien ! Après quelques heures d’attente, la cow-girl qui sera ma future collège arrive enfin. C’est parti pour la prochaine aventure.

Tam, ma future collègue cowgirl et Phantom, le poulain qui apprécie les grattouilles

Epilogue : je ne sais pas à ce jour où en sont le couple et leurs animaux. Leur site ne fonctionne plus. Pas de post Facebook depuis 2014. Et j’avoue, j’ai pas hyper envie de les recontacter comme ça s’est fini plutôt bizarrement…

Mais cette expérience m’aura permis de comprendre la culture sud-africaine post apartheid et d’enchainer sur de belles choses et de belles rencontres absolument pas prévues.

Et vous, c’est quoi votre pire trajet en voyage ?

 

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