... j’ai fait un free graffiti tour à Ljubljana

Vous connaissez les free tours ? Pour ceux qui ne voient pas, ce sont des visites « gratuites » proposées par des guides locaux. Ils sont plus ou moins spécialistes d’un sujet. Le concept de «greeters» fut inventé en 1992 par une New-Yorkaise convaincue que les meilleurs ambassadeurs de sa ville étaient ses habitants.

Aujourd’hui, il est décliné dans de nombreux pays. Le phénomène s’est pas mal développé ces dernières années, surtout à Paris qui a plus de bénévoles que New York où tout cela a pourtant commencé ! Ce n’est pas réservé aux voyageurs sans le sou, mais à tous ceux et celles qui souhaitent changer de la visite guidée traditionnelle. J’ai mis le mot « gratuit » entre guillemets. Car, si on n’achète pas de billet au départ, il est très bienvenu de donner un pourboire à la fin selon vos moyens et votre satisfaction. Ce n’est pas obligatoire. Cependant, les guides sont souvent indépendants, en free lance ou travaillent pour un collectif. Donner un pourboire, c’est reconnaître leur travail. N’en déplaisent aux guides-conférenciers professionnels et diplômés qui jugent cela parfois comme de la concurrence déloyale. Mais ceci est un autre débat. Ce qui me dérange le plus, ce sont les sites Internet qui se prennent une grosse commission et ne laissent qu’une petite part au guide. Mais là, encore, je m’écarte de mon sujet du jour : le free graffiti tour à Ljubljana.

On avait repéré l’info dans un guide touristique. On ne passait qu’une journée entière dans la capitale slovène. Mais elle est assez petite et tout est facilement accessible à pied. En se baladant dans les rues, on avait déjà repéré pas mal de graffiti (non, j’ai pas oublié le –s du pluriel, c’est un mot italien). On a été au lieu de rendez-vous dans le centre. Pour reconnaître la guide, c’est facile : elle tient une bombe de peinture dorée (qui servira à la fin à mettre les pourboires en échange qu’un autocollant). Un petit groupe international est au rendez-vous.

La visite se fait en anglais (c’est possible dans d’autres langues mais pas le français) (décidément, je mets plein de parenthèses dans cet article !). La guide nous explique qu’elle fait partie d’un collectif d’étudiants de l’Institut sur les cultures urbaines de Ljubljana. Tout en déambulant dans les rues du centre, elle nous raconte l’historique des graffiti, nous montre des photos, traduit des textes tagués et engagés politiquement notamment  sur les LGBT. C’est assez instructif. Elle nous fait même remarquer les petites gommettes rondes et colorées qu’une mystérieuse personne s’amuse à coller à travers la ville…

A Ljubljana, les graffiti ne sont pas considérés comme du vandalisme. C’est une forme d’art et de revendication.

Puis on se dirige vers le squat de ROG. C’est une ancienne usine de vélos, abandonnée depuis 2006. Des graffiti recouvrent entièrement le mur extérieur. Un des dessins représente un soldat romain censé protéger le site contre la destruction. La mairie veut en effet récupérer le terrain pour des projets immobiliers. En haut du mur le plus haut du bâtiment, il y a un tag représentant un pistolet rose constitué d’objets du quotidien. C’est l’œuvre de l’artiste italien Blu. Il a tagué ça en espérant que sa notoriété évite la destruction programmée de l’usine. La guide nous explique qu’un bulldozer est venu un jour. Mais les squatteurs l’ont empêché de faire son travail et l’ont peint en rose !

graffiti

La visite se termine dans le centre culturel alternatif de Metelkova. A la base, c’était un ensemble de baraquements de l’armée. En 1993, 200 bénévoles activistes se mobilisent pour sauver l’endroit menacé de démolition. Ils veulent en faire un lieu artistique plutôt qu’un bâtiment commercial. L’idée ne plait pas aux autorités mais ils doivent tolérer ce qu’est maintenant Metelkova.

Ce qui a été un squat est devenu un lieu branché avec des bars, des concerts, des expos où tout le monde sort le soir. En journée, on peut y admirer tranquillement les 12500 m² de sculptures, mosaïques, peintures et tags colorés présents partout, faits par des artistes undergrounds. C’est un lieu autonome mais pas anarchique. Il n’a pas de statut légal, les « occupants » ne payent pas d’impôts et vendent de l’alcool sans avoir de licence. Mais d’un autre côté, la municipalité a reconnu le site comme un héritage culturel national et finance quelques projets.

 

Pour conclure, je crois que vous l’avez compris, j’ai adoré cette visite alternative que je vous conseille vivement. Leur site est là avec toutes les infos pratiques et même les nouveaux tours thématiques (payants) qu’ils ont crées en 2017 : http://www.ljubljanagraffititour.com/

Si vous passez par la capitale slovène, profitez-en pour faire un de leur tour super sympa !

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